Une très bonne soirée.

 

Il arrive qu’un film dont on attendait beaucoup, dont on pensait en tous cas qu’il nous permettrait de passer une excellente soirée, déçoive énormément.
Assis sur le canapé, nous regardons le générique et nous apprêtons à être captivés par un scénario impeccable, à être rivés sur notre siège par une histoire dont nous avons anticipé le plaisir à la lecture du résumé du film.
Et puis, après les dix premières minutes, le mauvais jeu des acteurs, la  banalité de la mise en scène nous oblige à nous rendre à l’évidence : le film est un navet et l’ennui nous submerge.

Hier soir, en allumant la télévision afin de regarder les dernières informations de la soirée, ce fût absolument l’inverse et la surprise fût considérable.
Alors  que nous nous apprêtions à supporter les quelques minutes d’ennui qu’il faut bien s’infliger quotidiennement si l’ on désire être à peu près au courant de ce qui se passe dans le monde, ou plus exactement ce que nous sommes censés en retenir, nous sommes tombés sur un des meilleurs thrillers qui soit passé sur le petit écran depuis des lustres.

Les primaires UMP !
Sur lesquelles j’imaginais ne  pencher qu’un regard morne et désabusé en étouffant quelques bâillements.
Les primaires UMP :  ou la plus chouette soirée électorale dont on puisse rêver si on la suivait en direct.
J’ai été scotchée jusqu’à plus d’heure par une histoire de fous inimaginable, un truc à rebondissement digne des séries américaines les plus scénarisées, un combat des chefs en direct live,  une crise gigantesque dont je n’imagine pas que la droite  » traditionnelle « puisse se relever.
On commença par nous annoncer que des accusations de tricheries assez énormes divisaient les deux camps, que les résultats étaient plus que serrés, qu’il faudrait attendre qu’une commission de contrôle au nom de  « COCO euh » (il faut « oser ») se prononce, et c’était déjà si hilarant de voir tous ces « amis » se déchirer au prétexte d’être mieux unis que je n’arrivais pas à me décider à éteindre la télévision tant chaque apparition d’un nouvel intervenant promettait son lot de petites phrases ou d’énormités.
C’est alors que le clou de la soirée me scotcha sur place :
Coppé annonçât sa victoire en direct, et l’accompagnant   d’un discours aux accents dramatiques, presque guerriers, tel un chef militaire  pardonnant en direct à la partie dissidente de son armée, du passé faisant table rase, réunissant ses troupes sous son étendard magnifique pour commencer, enfin, sa guerre contre la gauche, et ce, quelques secondes après que sur le plateau ou nous eut expliqué que les résultats n’étaient pas disponibles.

Dés lors, comment voulez vous que j’ai pu aller me  coucher avant d’avoir entendu la version de Fillon, casse pied de service dont je n’écoute jamais d’ordinaire les discours convenus ?
Il n’était donc pas plus question d’éteindre le téléviseur  avant d’entendre le challengeur de Coppé, que de fermer un bon polar  dont il ne reste que quelques pages à lire.

Fillon parla, mais ce fut pour annoncer que lui aussi avait gagné mais que comme il était bien élevé et très poli, lui, contrairement à l’autre,  il allait simplement attendre un peu pour le dire.

Bon sang il y aurait donc en plus une saison 2 !!! Comme dans Homeland !
C’était tout simplement magnifique, et d’autant plus pratique qu’il n’y aurait pas besoin d’aller sur internet à la chasse aux sous titres.

Vraiment, ce fût une soirée formidable, qui me consola presque du fait que madame Fourrest a eu son cadeau de Noël très en avance, ayant réussit à être, enfin, plus ou moins attaquée par des « fondamentalistes catholiques », chose qu’elle n’avait pas encore obtenue jusqu’à présent et dont on imagine qu’elle a du lui faire un plaisir fou.