Le (vrai) suprémaciste blanc.

Vous le connaissez tous, le « suprémaciste blanc »  : c’est l’homme à abattre, l’ennemi public mondial numéro 1, celui par qui le malheur du monde arrive, l’incarnation absolue du mal.

Ce prédateur sans pitié, est traqué jour en nuit par des  hordes d’ humanistes qui n’hésitent pas à prendre des risques inouïs en dénonçant l’homme blanc hétérosexuel, toujours susceptible de tomber dans les pires travers, sans que l’on sache bien si c’est sa qualité d’homme, sa qualité de blanc ou celle de son orientation sexuelle classique qui constitue son pire défaut.

Le suprémaciste blanc est mauvais, de cela on est sûr.
Mais est-on certain de toujours bien l’identifier ?

La couleur blanche, certes est nécessaire mais bien entendu non suffisante, et  ne serait rien sans le sentiment de suprématie qui doit l’accompagner pour  que le monstre réponde à l’épouvantable définition.
Il s’agit donc de trouver des blancs qui se croient effectivement de nature différente, des gens que l’on pourrait qualifier de blancs mégalomanes en quelque sorte.

On serait tenté de chercher du coté de gens qui tel Richard Millet, sont déprimés lorsqu’ils sont les seuls blancs dans un wagon de RER.
Mais en quoi la tristesse de se sentir étranger dans son propre pays est-elle la preuve d’un sentiment de supériorité ?
On imagine bien que si tout à coup le jardin des plantes était transformé en jardin japonais, les parisiens qui seraient attristés d’avoir le sentiment d’être transportés au japon en se promenant à Paris ne feraient pas preuve de suprémacisme mais tout au plus d’une nostalgie du jardin précédent.

On serait tenté de chercher les monstres du coté des gens qui se désolent que la courbe démographique mondiale des blancs soit orientée largement vers la baisse.
Mais puisque l’on a toujours considéré qu’il était normal que les indiens d’amazonie soient attristés par leur propre disparition et qu’on n’y a jamais vu  la preuve d’un sentiment suprémaciste  de leur part, il faut bien, par symétrie, admettre que la tristesse du blanc qui craint de disparaître est une preuve de souffrance et non de  prétention.

Non, vraiment, à part les rares cas de blancs qui s’affirment eux mêmes suprémacistes, le suprémaciste blanc n’est pas facile à trouver.

Néanmoins, de mon coté, en cherchant, il me semble que je suis tombée sur une mine.

C’est que lorsqu’on leur annonce que les bébés blancs sont dorénavant minoritaires aux états unis, et qu’en Europe le même sort leur est bientôt réservé, un certain nombre de blancs ricanent, voire exultent.
Cette diminution du nombre de blancs, qui conduira à terme à leur disparition, ils la  niaient vigoureusement et si  dorénavant ils l’admettent , c’est pour mieux s’en réjouir.

Le blanc sera minoritaire !! ah ah, cela les fait bien rire et c’est une excellente nouvelle.
Ils semblent impatients d’y être tant un monde pauvre en blancs leur apparait aimable.
Ils sont blancs et ils n’ont pas peur d’être minoritaires, bien au contraire.

Pourtant, par définition, le fait d’être minoritaire est une faiblesse.
Sauf à considérer que l’on a pas de prédateur.
Or qui n’a pas de prédateur si ce n’est le roi des animaux.

Le blanc qui se réjouit d’être minoritaire est quelqu’un qui pense que seul le blanc a un potentiel dangereux, tel un lion qui imaginerait que s’il est en faible nombre et devenu végétarien, nul ne sera plus jamais mangé…  puisque la nature des autres animaux veut qu’ils broutent sans avoir le choix du menu.
Le retour au paradis terrestre n’a effectivement besoin que de la transformation du grand prédateur en agneau sans qu’il y ait besoin de modifier les caractéristiques des autres qui ne peuvent être que les anciennes proies auquel il aura, dans sa grandeur, renoncé.

Le blanc qui croit que la disparition du blanc est une bonne nouvelle pour le monde (car le  racisme et la volonté de suprématie disparaitra avec le blanc)  est l’homme le plus prétentieux du monde : c’est  un VRAI suprémaciste blanc.

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