Détricotage

tricot

Déconstruisez déconstruisez, qu’ils disaient.

Et nous les avons regardé déconstruire, le monde ancien.

Et nous les avons regardé construire, le monde nouveau.

Mais n’est ce pas en les regardant déconstruire que nous avons appris à le faire ?

« Il faut déconstruire » disaient-ils….et nous les avons pris au mot.

Car que faisons nous  dans les monde de la réacosphère si ce n’est déconstruire, détricoter sans fin la doxa qu’ils ont bâtie.

La religion du progressisme est fondée sur un certain nombre de dogmes, de croyances, qui forment  un tout, dans lequel tout est lié et qui, c’est là un point sans doute essentiel, ne peut souffrir aucun accroc.

Le bel ensemble ne peut se maintenir en place que s’il reste complet, que pas une couture, pas une maille ne lâche, car comme tout tricot, celui dans lequel les prêtres de l’empire du bien nous enferment  n’est solide que s’il reste parfaitement entier.

Leur construction nécessite qu’ils la  défendent sur tous les fronts, contre toute entaille, car dés qu’est fait le moindre accroc, à quelque endroit qu’il apparaisse, tout s’effiloche,   toutes les mailles se défont, et la disparition des unes entraine celle des autres.

Nos parcours nauséabonds sont diversifiés, car nous n’avons  commencé notre détricotage ni au même endroit, ni au même moment, ni même avec la même ardeur à faire des trous , mais ce qui  fait la solidité de l’ensemble, sa cohérence, son unité, en fait également la fragilité : que nous ayons commencé à  trouer d’un coté ou de l’autre, tout se défait dés que nous tirons sur un fil, et les déchirures créés par les uns rejoignent celles créés par les autres, de sorte qu’il ne reste bientôt devant les yeux du détricoteur de doxa que les haillons immettables de la religion du progrès.

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