Ingrédients, recettes…. niveau scolaire.

Science-poT

 

Je vais souvent sur le site Marmiton.
Les recettes sont particulièrement nombreuses et les commentaires des internautes donnant leur avis quant à leur  intérêt culinaire, et ajoutant des conseils sur le  temps de cuisson idéal ou l’avantage d’ajouter   tel aromate,  rendent ce livre de cuisine interactif particulièrement vivant.

Parfois cependant, certains lecteurs postent des commentaires hallucinants, dont on espère pour eux (sans trop y croire) qu’ils ont volontairement déliré suite à une visite du musée Dali.

– J’ai fait votre recette de tarte aux pommes… je n’avais pas de pommes j’ai mis des tranches de betteraves : c’était dégueu  je vous mets 0/5

– Je n’avais pas de fruits frais, j’ai mis des fruits congelés directement sur la pâte : c’était mou et pas terrible : recette à oublier

– Jé voulu fair le clafouti j’avé pas de lait j’ai remplacer par de la bière, cé nul comme recette

Figurez vous que lorsque je lis ça, je pense aux débats sur les rôles respectifs de l’inné et de l’acquis en matière d’intelligence.
(j’ai une obsession de la métaphore, je le sais.)

Les discussions houleuses entre les tenants de l’un ou de l’autre me font toujours rire (jaune)

Ne suffit il pas de comprendre que la réussite d’un plat dépend évidemment de la recette ET de la qualité des ingrédients , mais que si l’ on peut très facilement gâcher de bons produits par maladresse et incompétence en cuisine, on ne saurait jamais, au grand jamais, réussir quelque chose de très bon avec des ingrédients très mauvais (ou dont on ne tient pas compte de la nature, de la texture, de l’acidité….)
Penser que l’on affaire à un   potentiel qu’il est possible de   gâcher où, au mieux, de parfaitement exploiter, mais qui impose ses propres limites, indépassables : telle est à mon avis la manière la plus efficace d’aborder le problème de la tarte aux myrtilles, de l’intelligence…et  de l’école.

Ainsi, en  ce qui concerne l’éducation, j’ai conscience du rôle extrêmement important que jouent les  méthodes d’apprentissage, chose que tout un chacun reconnait, mais je trouve particulièrement regrettable que l’on néglige totalement l’autre facteur qui rentre massivement dans l’équation.
(nos sociétés sont d’ailleurs  passés d’un extrême à l’autre, tant la question du rôle de l’acquis a  été elle même souvent oubliée dans  des temps plus anciens.)

Cette façon de penser que  les élèves ont  tous un  potentiel  leur permettant de rédiger des copies correctes de niveau bac, voire de réussir une première année de fac, et que le seul problème  est donc de trouver la recette pour les mener à ce niveau, est assez récente, et d’une façon presque amusante, en tout cas assez paradoxale,  on a vu cette idée prendre de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que le niveau scolaire baissait.
C’est au moment où l’on en arrive à pratiquement penser  que quatre élèves sur cinq sont plus intelligents que la moyenne (miracle statistique s’il en est) que l’on constate, horrifiés, qu’au moins deux élèves sur dix ne savent pas lire après avoir passé six ans à l’école.

Il semble d’après les nouvelles récentes, que l’on soit arrivé récemment très bas  dans le classement de la réussite scolaire, vraiment très bas.
Et on ne comprend toujours pas pourquoi.
On s’interroge sur les recettes, mais quand bien même elles seraient en cause, il n’y a pas de différence considérable entre  les méthodes utilisées il y a cinq ou dix ans et celles qui ont été appliquées ces deux dernières années.
Pourtant  le résultat semble de pire en pire.

Le niveau baisse.
Et si on avait tout simplement coupé l’eau ?…
Ou si on avait changé les enfants pour des modèles moins fluides qui ralentiraient le débit ?

Sans compter que les croûtes aux morilles, avec des champignons de Paris, c’est moins fin.

C’est moche de dire ça.
Et oui !
Et ensuite on me dira que le sida est LE sujet tabou.

Je termine en citant une phrase entendue mille fois de la bouche de professeurs des écoles, humoristes involontaires que j’écoutais en ne souriant qu’intérieurement :
« Oh mais il est très intelligent. Le seul  problème c’est qu’il ne comprend pas les consignes ».

 

A voir  et à revoir : la bande annonce d’idiocracy :

 

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